JUIN 1940 – Le 4e régiment de Hussards contre les chars de la 7e panzer division de Rommel.

JUIN 1940 – Le 4e régiment de Hussards contre les chars de la 7e panzer division de Rommel.

Les 5 et 6 juin 1940, les combats aux environs de Warlus.

Un combat acharné se déroulait le 5 et 6 juin 1940 entre les groupements blindés allemands et le 4ème Régiment de Hussard qui avait gagné, par escadron, les villages de Métigny, Laleu, Tailly L’Arbre à Mouches et Warlus. Le P.C. du Colonel Chiappini est installé au château de Tailly. Le Capitaine Lefebvre, avec l’escadron Cellerier et la majeure partie de ses armes lourdes, organise le hameau de L’Arbre à Mouches en fortin hérissé de canons de 25 et de mitrailleuses tenant sous leur feu la grand’route d’Airaines à Camps et le terrain à l’est.

Privés de sommeil depuis plusieurs jours, ils viennent, lourdement chargés de marcher de longues heures; malgré l’extrême fatigue de tous, l’organisation défensive des villages est hâtivement poussée: armes, barricades et mines sont mises en place. Les emplacements de combats choisis offrent des champs de tir remarquables.

Insigne 4 Hussard

Le 5 juin, vers 14 heures, la bataille s’allume au sud du Quesnoy, le régiment est alerté, mais les événements se déroulent dans le terrain qui échappe aux vues du 4e Hussards. Vers 15H apparaissent à l’horizon trois chars allemands, ils contournent par le nord le bois de L’Arbre à Mouches et prennent la direction de ce hameau. Mais bientôt ils effectuent un net changement de direction sur leur droite et se dirigent sur Métigny. Trois autres panzers les suivent, qui effectuent la même manoeuvre, puis trois autres: au bout de quelques minutes ils sont quarante-cinq.

La 7eme PANZER division de Erwin Rommel

Il s’agit d’un groupement de la 7e Panzer Division commandé par le Général Erwin Rommel, les blindés se couvrent par le feu, arrosant sur tout le front, les villages au canon et à la mitrailleuse. Ils sont aussitôt pris à partie par les canons de 25 de L’Arbre à Mouches, dont le tir, ajusté et meurtrier, immobilise et incendie de nombreux chars. L’infanterie allemande qui les suit ne réussit pas à prendre pied dans les lignes françaises.
Le Lieutenant Peyre est magnifique de sang froid: pendant toute la journée, il se porte de l’un à l’autre de ses canons de 25, absolument indifférent au feu violent de l’ennemi.

Somme 1940 2

Un autre détachement ennemi important, débouchant d’Allery avec environ 60 blindés passent à l’attaque des positions du 4e Hussards. A l’attaque des chars se joint le bombardement par l’artillerie et par mines: les maisons commencent à flamber, dégageant une insupportable chaleur, et une fumée qui gène sérieusement les défenseurs.

L’avion de reconnaissance ennemi, l’espion, tourne inlassablement à basse altitude au dessus de la position. Une partie du groupement blindé allemand revient vers l’est, défilant entre 800 et 1200 mètres du hameau de L’Arbre à Mouches.
En quelques instants, le canon de 25 du brigadier-chef Duchesne en fait flamber six et en immobilise quatre. Mais une douille restée dans le canon enraye l’arme.

Insigne 21 Rac

Un héros de 19 ans.

Le brigadier Lageon, secrétaire du bureau de l’escadron, qui se trouve à proximité, court chercher la caisse à outils et tente d’écouvillonner le canon. Mais un char ennemi a pu s’approcher derrière les arbres qui bordent le fossé: le brigadier Lageon, les cavaliers Le Guen et Goethals sont tués sur leur pièce, le brigadier Gommet est blessé.

Bientôt le hameau de L’Arbre à Mouches est abordé de tous côtés par les chars allemands, les canons de 25 du lieutenant Fromageot entrent alors à leur tour en action et les attaques échouent avec de lourdes pertes. Peu à peu la menace s’accentue vers le nord, puis vers le nord ouest du hameau qui risque d’être contourné.

Cannon 25 Mm

Il est environ 17H30, tous les villages brûlent, les camionnettes de munitions sautent, caisse par caisse. Presque tous les canons de 25 sont détruits. Dans une chaleur de fournaise, les hussards continuent à combattre avec un calme admirable. Se sont associés à eux des éléments des régiments de tirailleurs sénégalais et canonniers malgaches en reflux des environs de Quesnoy.

Une nouvelle ligne de résistance est organisée en arrière sur une meilleure position. Un par un les pelotons se replient au milieu des blindés allemands qui tirent de tous côtés et écrasent les survivants et les blessés. La moitié de l’escadron parviendra cependant à rentrer dans les lignes françaises à la tombée de la nuit..
La montée en ligne du 2e Régiment de Dragons Portés et du 18e Régiment de Chasseurs permet le décrochage du 4e Hussards et de faire de l’action retardatrice sur la nationale n°1. Le soir du 5 juin, la 7e Panzer est aux environs de Camps-Hallivillers et la 5e Panzer, derrière Warlus, Tailly, Laleu, sans entrer dans les bois de Belloy et d’Etréjust.
Les soldats français, sénégalais, malgaches ont laissé sur le terrain des dizaines de cadavres et encore plus de blessés. Seul deux sont encore honorés de nos jours: le Brigadier Lageon à L’Arbre à Mouches et le capitaine de Chasseval à Metigny.
Pendant ce temps, et d’une façon presque parallèle, un combat aussi acharné se déroule entre les groupements blindés allemands et les batteries de canons français, dans un premier temps à la lisière d’une sapinière, sur la route Quesnoy-Tailly L’Arbre à Mouches, puis aux lisières Nord et Est du bois de Warlus.

Lageon Hubert

En fin de journée, les canonniers totalisent 38 chars ennemis détruits. Les chars sont partout, les batteries de tir sont en butte à des tirs des plus violents qui leur coûte des pertes sérieuses.
Témoignage du Lieutenant Maurice: grièvement blessé dès les premiers coups de canon, est, peu de temps après, touché à nouveau et perd connaissance. Vers le soir il sort de son évanouissement; ses forces ne lui permettent que de ramper. Il est, en effet, atteint de sept blessures. Il a un oeil crevé et ne voit que faiblement à travers une fissure du caillot de sang qui lui recouvre la figure.

Il quitte le bois rempli de cadavres et reste toute la nuit sur le bord de la route sans voir personne. Au matin, espérant pouvoir gagner nos lignes, il repart, parvient à atteindre Warlus où, exténué, il entre dans une maison et s’endort. Réveillé par le bruit de véhicules passant sur la route, il se précipite: c’est une colonne allemande.

Monument Quesnoy

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